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Info locale

Bracelet anti-rapprochement : une première condamnation en Charente

23 octobre 2020 à 09h10 Par Lucie Claussin avec AFP
Angoulême fait parti des cinq premières juridictions où le bracelet anti-rapprochement est expérimenté.
Crédit photo : Wikimédia ©

C’est une première ! Un homme a été condamné en France à porter le bracelet anti-rapprochement afin de protéger son ex-conjointe, victime de ses menaces et de son harcèlement.

Le tribunal d'Angoulême a prononcé jeudi 24 octobre, pour la première fois en Charente une obligation de porter un bracelet anti-rapprochement, à un homme reconnu coupable de harcèlement envers son ex-conjointe.

L'homme, âgé de 51 ans, a également été condamné à deux ans de prison, dont un avec sursis et une interdiction d'entrer en contact avec la victime.  

L'homme condamné ne pourra ainsi pas s’approcher à moins de 3km de son ex-compagne qui vit dans l'agglomération d'Angoulême. Il avait déjà été condamné au printemps 2019 pour des violences et agressions sexuelles sur cette même ex-compagne. 

Malgré une interdiction d’entrer en contact, il a continué de la menacer depuis sa prison par le biais de courriers. A sa sortie de prison, il a poursuivi ses menaces par SMS en mars 2020 puis en août.

Lors du procès, le psychiatre a décrit un prévenu "d'une dangerosité majeure avec un risque de récidive avéré". L’expert a décelé des "traits pervers avec une tonalité paranoïaque". 

Un dispositif mis en place il y a tout juste un mois 

Angoulême fait parti des cinq premières juridictions (avec Bobigny, Douai, Pontoise et Aix-en-Provence) où le bracelet anti-rapprochement est expérimenté avant d'être généralisé à l'ensemble du territoire au 31 décembre.

La juridiction charentaise dispose pour le moment de trois bracelets anti-rapprochement. Ce dispositif, lancé officiellement en septembre par le ministre de la justice Eric Dupond-Moretti, est l'une des promesses du Grenelle pour lutter contre les féminicides. 

Réclamé depuis des années, le bracelet électronique, qui s'accroche à la cheville, permet de géolocaliser les conjoints ou ex-conjoints violents et de déclencher un système d'alerte lorsque ces derniers s'approchent au-delà d'un périmètre défini de leur victime, qui dispose d'un boîtier qu'elle doit toujours garder avec elle.

Si le titulaire du bracelet s'approche trop, il sera immédiatement contacté par une plateforme de télé-assistance. Et, s'il ne répond pas ou ne rebrousse pas chemin, les forces de l'ordre seront alertées.