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Enquêter sur d’éventuels effets secondaires des vaccins : comment travaillent les centres de pharmacovigilance ?

31 mars 2021 à 07h30 Par Etienne Escuer
Après Pfizer-BioNTech, Moderna et AstraZeneca, le vaccin Janssen du laboratoire américain Johnson & Johnson est le quatrième à obtenir le feu vert de Europe.
Crédit photo : KAMIL KRZACZYNSKI / AFP

Une trentaine de centres de pharmacovigilance sont aujourd’hui chargés d’enquêter sur d’éventuels effets indésirables des médicaments.

Surveiller d’éventuels effets secondaires des médicaments et vaccins une fois mis sur le marché : c’est le rôle des 31 centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV). Les professionnels de santé font remonter les cas suspects à ces centres (des patients peuvent également le faire directement depuis quelques années), charge ensuite aux médecins des CRPV, environ 3 à 5 par centre, d’enquêter.

Etudier les antécédents des patients

Comment travaillent-ils ? « On commence par chercher, en fonction de la pathologie signalée, les antécédents des patients qui pourraient expliquer les effets », explique le docteur Annie-Pierre Jonville-Béra, présidente du réseau français des centres de pharmacovigilance, et également à la tête du CRPV Centre-Val de Loire, basé à Tours. « Soit le patient aurait pu faire cet effet sans le vaccin, alors on met une note "faible" en l’indiquant et expliquant que le vaccin n’y est sans doute pas pour grande chose ; soit l’interrogatoire montre qu’il y n’avait aucun antécédent, et donc le rôle du vaccin est supposé. Mais souvent, à part pour des effets très spécifiques comme une plaque rouge à l'endroit de la piqûre, on ne peut pas dire que le vaccin est en cause. »

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« L’idée, c’est de voir si à part le vaccin, tout a été éliminé »

Ce travail d’enquête pour durer quelques heures comme quelques jours voire plus en fonction de la complexité des cas. Les CRPV prennent contact avec les médecins des patients pour savoir quels sont les examens pratiqués et leurs résultats. « L’idée, c’est de voir si à part le vaccin, tout a été éliminé », poursuit le docteur Annie-Pierre Jonville-Béra. « On transmet ensuite une note à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), pour voir au niveau national la récurrence de ces effets. » La cheffe du centre tourangeau prend l’exemple du vaccin Pfizer, soupçonné de provoquer de l'hypertension chez certains patients. « On n’a eu que quelques cas d’hypertension transitoires, pas graves, ici. Mais quand il y a 20, 30, 40, 50 cas au niveau national, on peut se dire qu’il y a un lien. » 

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Les signalements envoyés à l'ANSM

L’Agence nationale de sécurité du médicament prend ensuite des décisions en fonction de la quantité de signalements envoyés par les CRPV, et en évaluant la balance bénéfices/risques. Les centres travaillent au quotidien et depuis des années sur tous les médicaments et vaccins, mais en pleine crise sanitaire et campagne de vaccination, ils sont fortement sollicités. Les médecins ne rapportent donc que les cas graves. « Les effets non graves sont fréquents et mis en évidence avant l’autorisation de mise sur le marché », confie le docteur Annie-Pierre Jonville-Béra.

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Avec la campagne de vaccination en cours, à Tours, le CRPV a reçu autant de signalements fin mars que sur l’année 2020 dans son ensemble. « Des tas de choses ont été déclarées, pas toutes en lien avec le vaccin », explique le docteur Annie-Pierre Jonville-Béra. « Vous pouvez être vacciné et le lendemain avoir un accident de voiture, ce n’est pas pour autant qu’il y a un lien. C’est pareil pour les événements médicaux. » Finalement, la présidente du réseau français des centres de pharmacovigilance résume son travail de la sorte : « A nous de faire la part des choses entre ce qui est lié à un médicament, et ce qui relève de la coïncidence. »