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Les jeux vidéo, vecteurs de lien social pendant le confinement

18 novembre 2020 à 15h55 Par Etienne Escuer
Image d'illustration. Les jeux vidéo ont permis de maintenir du lien social pendant le confinement.
Crédit photo : Pixabay

Parfois décriés, les jeux vidéo ont permis à de nombreux Français de rompre l’isolement pendant le confinement, selon une étude du Sell.

Les jeux vidéo ont contribué au lien social pendant le confinement ! C’est la conclusion d’une étude menée par le Sell, syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs, parue ces derniers jours. Au printemps, ce loisir, parfois décrié, a ainsi permis à des amis ou des familles de passer un bon moment ensemble. « Heureusement que le jeu vidéo était là pour beaucoup de Françaises et Français qui se sont retrouvés coincés chez eux », explique Nicolas Vignolles, le délégué général du Sell. « A l’occasion d’une partie de course automobile ou de football, on peut garder le lien avec un cousin ou un ami. Le jeu vidéo pour sortir de l’isolement, c’est quelque chose qui est ressorti très fort de notre étude cette année. » 

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Si la tendance s’observait déjà depuis quelques années, le confinement a contribué à faire émerger un nouveau type de joueur, dit « convivial » ou « familial », poursuit Nicolas Vignolles. « Ce sont les parents quadragénaires, qui sont un peu la première génération de parents à avoir eu un passé de joueuse ou de joueur quand ils étaient plus jeunes », détaille-t-il. « Il y a vraiment un retour en force de la pratique du partage en famille. Dans le choix des jeux, cela a un impact aussi. Le confinement accentue peut-être un peu cela, mais c’est quand même une tendance de fond : on veut de plus en plus jouer en famille. »

 

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« Un antidote à l’isolement »

Le cliché de l’adolescent geek enfermé dans sa chambre prend donc du plomb dans l’aile, assurent les professionnels du secteur. Ils notent ces dernières années une évolution des pratiques. « On joue désormais en multi-joueurs, à 3 ou 4 dans le salon, avec son père, sa mère, sa sœur ou son frère », confie Nicolas Vignolles. « Mais aussi très souvent sur internet, où il y a un aspect communautaire, pour retrouver ses amis pour une partie. On peut avoir la porte de la chambre fermée, et pour autant être avec ses amis en ligne. » Pendant le confinement, cela a d’ailleurs été « un antidote à l’isolement » pour bon nombre de joueurs, explique le délégué général du Sell. « 52% d’entre eux nous ont dit que cela avait permis de créer du lien social. »

 

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Une pratique qui doit rester encadrée

Pour autant, la pratique d’un jeu vidéo doit être encadrée. Hors de question de laisser les plus jeunes livrés à eux-mêmes. « Il faut que les parents se servent le plus possible de la classification PEGI, qu’il y a sur les jeux », explique Nicolas Vignolles. Il s’agit tout simplement d’un chiffre (3, 7, 12, 16 ou 18) sur la boîte du jeu, qui indique à partir de quel âge il est recommandé. « La tendance un peu forte en ce moment, c’est le retour des jeux de plateau, mais en version jeux vidéo. On peut faire des jeux de mini-stratégie pour les plus petits, tout en commençant à s’éduquer au numérique. Il y a aussi des jeux de sport un peu fantaisie que l’on devrait retrouver à Noël et qui peuvent être une bonne entrée dans le jeu vidéo », poursuit le délégué général du Sell.

 

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Pour s’assurer que les plus jeunes jouent en toute sécurité, outre la classification PEGI, d’autres dispositifs existent. « Vous pouvez paramétrer les consoles pour choisir à quoi jouent les enfants », rappelle Nicolas Vignolles. « Et il y a un site qui s’appelle PédaGoJeux.fr qui propose des fiches très bien fait pour dire aux parents ce que contient un jeu. »

 

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L'essor du "streaming"

Enfin, autre phénomène qui prend de l’ampleur ces dernières années et renforce l'aspect social des jeux vidéo : de nombreuses parties sont désormais retransmises en ligne, à l’image de rencontres sportives, par exemple. « Des communautés de passionnés se retrouvent sur des chaînes dédiées à des jeux. Un joueur va commenter sa partie, montrer des trucs et astuces, etc. », détaille Nicolas Vignolles. « Comme pour la pratique sportive, des émissions dédiées se créent et des communautés de passionnés s’agrègent. C’est ce qu’on appelle le "streaming" »

 

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Exemple de cet aspect social du streaming : mi-octobre, une cinquantaine de joueurs célèbres ont participé à un grand événement caritatif, le ZEvent. Ils ont diffusé en direct leurs parties de jeux vidéo (2,5 millions de spectateurs au total !) et discuté avec leurs fans pendant un week-end et ont ainsi récolté 5,7 millions d'euros de dons pour Amnesty International.

Sachez enfin qu’aujourd’hui c’est principalement sur smartphone que les Français jouent aux jeux vidéo, puis sur ordinateur et sur console. Ils sont 71% à jouer au moins occasionnellement (50% d’hommes, 50% de femmes), pour un âge moyen de 40 ans. L’étude détaillée est à retrouver sur le site du Sell.