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J’ai testé pour vous un trajet Paris – Orléans en période de grève !

09 avril 2018 à 15h26 Par Benoit Hanrot
Crédit photo : Capture d'écran d'un panneau d'affichage restransmettant les horaires de train en gare des Aubrais

Nuit blanche, découragement et enfin bout du tunnel. Ces douze dernières heures n’ont pas été de tout repos. Loin de là. Entre le manque de sommeil et Blablacar et la SNCF qui nous jouent des tours, un simple trajet d’1h20 en temps normal aura finalement mis… deux heures de trop.

D’habitude, le lundi. Je prends le train de 6h13 en gare de Paris – Austerlitz pour arriver à 7h33 en gare des Aubrais. Hier soir, en allant réserver mon train pour le lendemain sur le site ouisncf, je découvre, sans grand étonnement, que tous les trains affichent « complet ». La grève est passée par là et de nombreux usagers ont décidé de prendre les devants en réservant leurs billets en avance. 

Je décide alors de me tourner vers la solution « Blablacar ». 5 choix s’offrent à moi pour des départs très matinaux en bordure de Paris pour une arrivée en agglomération orléanaise. Malheureusement, peu m’inspire confiance, non pas par le profil des conducteurs et conductrices proposés, mais surtout par l’heure de leur dernière connexion (parfois 5 jours). Je me dis alors que sur 5 propositions, la chance va me sourire. Je réserve, on m’indique que la réponse tombera sous 6h (donc aux alentours de trois heures du matin), et tente de trouver le sommeil. 

À deux heures, toujours rien, je rallume mon Smartphone, espérant ne pas avoir entendu le bruit du SMS me confirmant que ma demande a été validée par le conducteur… mais rien. Nada. Je décide alors de changer de conducteur même si j’ai peu d’espoir d’obtenir une réponse en pleine nuit. Aux alentours de 5h du matin, la réponse tombe pour le second conducteur : c’est « NON ». Sueur froide, la première d’une longue série. J’essaye alors de contacter d’autres conducteurs mais mes demandes restent sans réponse. 

Pas le choix, il me faut retourner sur le site de la SNCF. Deuxième sueur froide : tous les trains complets sont annulés jusqu’à 8h16 ! (qui affiche également complet). Il est alors 6h30 et je prends conscience que c’est mon dernier espoir d’arriver à l’heure au travail. Tant pis, s’il y a un contrôle à l’entrée du quai, j’inventerai une histoire pour franchir ce barrage. Pis, j’imagine même franchir les voies sur un autre quai pour gagner le bon train. Il me le faut ! 

Arrivés sur place avec une demi-heure d’avance à Paris-Austerlitz, le train en direction d’Orléans est affiché sur le quai 19. Sur ce quai, pas un contrôleur, le train est ouvert à tous. Je me dis que je suis prêt à rester 1h40 debout s’il le faut, pourvu que je sois dedans. A ma grande surprise, la rame est quasi-vide et elle le restera jusqu’au départ du train.

Je suis enfin dedans et attends désormais le passage des contrôleurs pour signaler mon absence de billets. Deux femmes, le sourire aux lèvres, se présentent dans la rame, képis visés sur la tête et aspirateurs de carte bleue dans la main. Et nous confirment qu’elles nous feront payer le billet au tarif guichet, avec les réductions qui s’appliquent. Enfin soulagé. 

Le voyage se passe sans encombre… enfin presque. Arrivé aux Aubrais, le chef de bord se permet une petite blague : « notre TER est arrivé en gare des Aubrais avec 15 minutes d’avance, comme quoi, même à la SNCF tout peut arriver. » avant de poursuivre « mais afin de fluidifier le trafic, notre train va rester à quai pendant une quinzaine de minutes, merci de votre compréhension ». C’était trop beau ! Finalement, il arrivera même avec 3 minutes de retard. Mais il est arrivé à bonne gare.