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Info générale

JO Paris 2024 : vers un remodelage de la carte des sites

10 septembre 2020 à 15h01 Par Iris Mazzacurati avec AFP
Crédit photo : Pixabay - Photo d'illustration

La faute au Covid-19. Les organisateurs de Paris 2024 vont remodeler la carte des sites des Jeux olympiques et paralympiques, ce qui risque de ne pas plaire à tout le monde, notamment en Seine-Saint-Denis à qui un "héritage fort" a été promis.

Ce département, le plus pauvre d’Ile-de France, est au cœur du projet olympique : les équipements sont destinés à rester pour les résidents, et les JO devraient aussi être créateurs d’emplois. Malheureusement, en raison de la crise sanitaire et économique, les organisateurs, qui craignent de moindres recettes de la part des sponsors (1,1 milliard d'euros sont aujourd'hui fixés), ont décidé cet été de sabrer près de 400 millions sur leurs 3,8 milliards d'euros de budget initial, soit plus de 10%. 

La première carte des sites résultait d'un "choix purement sportif, le deuxième est sportivo-économique", résume Denis Masseglia, président du comité national olympique et sportif français (CNOSF). 

Mais où réaliser les économies ? Le comité d'organisation (Cojo) a planché sur une nouvelle carte pendant l'été cherchant des économies sur les sites provisoires dont il a la charge. 

Ce qui ne changera pas : les "sites iconiques" comme Versailles, où se dérouleront les épreuves d'équitation, et "un ancrage très fort en Seine-Saint-Denis", explique le comité. 

"Je ne toucherai pas à l'ADN des Jeux", avait promis Tony Estanguet, président du comité, pendant le confinement. 

La natation change de bocal

En Seine-Saint-Denis où depuis la candidature les organisateurs des JO ont promis de laisser un "héritage", la crainte d'être lésé a resurgi depuis l'été.

"Il faut respecter le discours sur l'héritage, et les équipements dédiés aux sportifs sur le terrain, sinon il risque d'y avoir un vent anti-JO", prévient Vincent Capo-Canellas, ex-maire du Bourget, une des communes hôtes, et sénateur UDI (centre droit) de Seine-Saint-Denis.

Les épreuves de natation - une des épreuves reines avec l'athlétisme - qui doivent être accueillies dans un stade aquatique provisoire à Saint-Denis (équipement qui doit être ré-implanté ailleurs dans le département à l'issue), pourrait partir tout à l'ouest: à l'Arena la Défense (Haut-de-Seine).

Une option qualifiée de "sérieuse" par une source proche du dossier. En revanche, le centre aquatique à Saint-Denis, en dur et pérenne, où se dérouleront le water-polo et le plongeon, n'est pas concerné.  

Le village des médias a minima et le handball à Roland Garros

Autre crainte des élus, le village des médias installé à Dugny près du Bourget pour être ensuite transformé en logements, commerces et écoles, et donc destiné à profiter aux habitants, va-t-il être réduit ?

En juillet, les nouveaux maires du Bourget et de Dugny, ainsi que celui d'Aulnay-sous-Bois (aussi président de Terres d'envol, intercommunalité du nord-est de la Seine-Saint-Denis) ont écrit à Jean Castex, Premier ministre, et ex-délégué interministériel au JO, qui connait le sujet par cœur, pour l'"alerter"

Dans ce courrier, daté du 30 juillet, ils rappellent qu'ils ont déjà accepté en 2018 une révision des sites, perdant le badminton au passage, tout en maintenant leurs financements de leur côté.

"L'enjeu n'est pas que sportif ou économique. Il est moral et impacte l'avenir de notre territoire si souvent négligé dans le passé", écrivent-ils. 

"C'est un casse-tête auquel se livrent Tony Estanguet et Jean-Philippe Gatien", lâche Philippe Bana, directeur technique national de la fédération de handball, qui lui... se réjouit d'entendre que son sport pourrait investir Roland-Garros, pour maximiser l'utilisation du site pendant la quinzaine. Piste qui a fait bondir ... la fédération de tennis. 

D'autres pistes d'économies sont à l'étude, comme une mutualisation des transports pour accéder aux sites, par exemple. 

Rien n'est encore décidé, jure le comité d'organisation, mais cela sera tranché vite,"avant la mi-décembre". Un conseil d'administration du comité se tient fin septembre.