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Lafarge : un cadre français soupçonné d’avoir financé Daesh, mis en examen

04 décembre 2017 à 10h59 Par Lucie Claussin
Crédit photo : Wikimédia ©

Trois cadres de la cimenterie Lafarge ont été mis en examen

L’affaire court depuis des mois… le cimentier Lafarge est soupçonné d’avoir financé Daesh en Syrie. L’enquête a pris un nouveau tournant ce vendredi. En effet, un premier cadre français a été mis en examen. Il s’agit de Bruno Pescheux, le directeur de l’usine syrienne. Il a dirigé l’usine de 2008 à 2014. Les deux autres cadres, dans le collimateur de la justice, sont Frédéric Jolibois, qui avait repris la direction du site en 2014, et Jean-Claude Veillard directeur sûreté de la cimenterie.

Les chefs d’accusation sont très graves…

Bruno Pescheux a donc été placé en détention provisoire. Les deux autres hommes ont été placés sous contrôle judiciaire, pour l’instant. Ils sont poursuivis pour « financement d’une entreprise terroriste », « mise en danger de la vie d’autrui » et « violation du règlement européen » - par rapport à l’embargo sur le pétrole syrien. En début d’année, Frédéric Jolibois avait reconnu avoir acheté du pétrole à des organisations non gouvernementales. Ces organisations étaient bien souvent terroristes ou bien kurdes.

Ils sont soupçonnés d’avoir pactisé avec Daesh et notamment des groupes jihadistes sur place. Ils auraient notamment fait alliance avec Abou Bakr al Baghdadi (le chef de Daesh), l’homme qui est derrière les attentats les plus meurtriers survenus en France. Le but de ce pacte soupçonné est simple : continuer à faire fonctionner les usines de Lafarge dans le nord de la Syrie. Ils auraient transmis de l’argent à Daesh contre l’obtention de laissez-passer pour les employés de Lafarge.

Autre chef d’accusation et pas des moindres : sous couvert de faux contrats de consultants, Lafarge se serait approvisionné en pétrole auprès de l’EI, qui contrôlait une grosse partie des réserves stratégiques du pays. Ils auraient versé entre 80 000 et 100 000 dollars par mois à un intermédiaire et actionnaire de Lafarge, qui aurait ensuite redistribué l'argent à Daesh.