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Limoges, Bourges, Auxerre, Angers… ces urgences au bord de la rupture

24 mai 2019 à 06h00 Par Alicia Mechin
Crédit photo : Google Maps

Depuis quelques semaines, les urgences de plusieurs hôpitaux français se mettent en grève pour dénoncer une dégradation des conditions de travail. C’est le cas à Bourges, Angers, Auxerre ou encore Limoges.

Le mouvement a débuté à Paris. Après une agression à l’hôpital Saint-Antoine dans le 12ème arrondissement, le personnel des urgences a décidé de se mettre en grève, entraînant avec lui les services des urgences de 22 autres hôpitaux. Il n’aura alors pas fallu longtemps pour que ce mouvement trouve écho en province. Un collectif a même vu le jour : le collectif Inter-Urgences. Aujourd’hui, 62 services des urgences sont en grève en France, et ce chiffre augmente de jour en jour.

La cause du mouvement est la même pour tous les établissements : une dégradation générale des conditions de travail. Les personnels dénoncent en effet un manque de sécurité, dû à une baisse de la qualité d’accueil des patients. En cause : le manque d’effectif et de matériel. Explications d’Abdel Dougha, aide-soignant de nuit à l’hôpital Saint Antoine de Paris, et membre du collectif Inter-Urgences :

 

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Dernier incident en date, dans la nuit du 21 au 22 mai dernier, une patiente a pointé une arme sur sa tempe, aux urgences d'Avicienne en région parisienne. 

Situation problématique dans plusieurs villes de France

 

Les personnels multiplient donc les actions pour se faire entendre. Mardi, à Angers, les personnels en grève ont perturbé le trafic du tramway pour interpeller. Interrogé par notre rédaction au début du mois, Benjamin Delrue, infirmier et secrétaire adjoint Force Ouvrière aux urgences d’Angers nous expliquait que beaucoup d’arrêts de personnel n’étaient pas remplacés. S’ajoute à cela la diminution du nombre de lits, qui a entraîné un engorgement des urgences.

À Auxerre, l’intersyndicale a annoncé mercredi le dépôt d'un nouveau préavis de grève. Force ouvrière et la CGT réclament la présence d'un vigile pour lutter contre un sentiment d'insécurité, lié à des événements récents, une prime liée en partie à ce "risque d'agressivité", ou encore la création de postes. 

À Bourges, les personnels hospitaliers de Jacques Cœur dénoncent des suppressions de postes « sans précédent ». Ou encore à Limoges, une partie du service des urgences de l'hôpital Dupuytren est fermée. En cause : un manque d’effectif. Les syndicats appellent d’ailleurs à la grève à compter du 27 mai prochain.

 

Plus de reconnaissance

 

Les grévistes demandent notamment la sécurisation des locaux, et des lits d’aval pour pouvoir accueillir plus « dignement » les patients. Mais ils attendent surtout la reconnaissance de la spécificité du travail aux urgences, à travers une revalorisation salariale pérenne

 

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Abdel Dougha précise qu’en l’espace de 10 ans, l’activité aux urgences en France a considérablement augmenté, passant de 8 millions de passages par an, à 23 millions. Pour autant, aucune hausse des effectifs n’est enregistrée. La tendance serait même à l’économie. Le collectif Inter-urgences souhaite aller à la rencontre de la ministre de la santé pour lui exposer la situation.

D’ici là, ce mouvement inédit devrait prendre de l’ampleur ! Pour autant, on précise que l’accueil des urgences est maintenu et les patients sont pris en charge.