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Limoges : Chabatz Entrar, le collectif qui vient en aide aux migrants

12 juin 2019 à 06h00 Par Benoît Hanrot
Crédit photo : © Collectif Chabatz Entrar

Depuis leur arrivée il y a plus de 2 ans et demi, les migrants de Haute-Vienne peuvent compter sur le soutien du collectif Chabatz Entrar. Ce dernier leur apporte l’aide nécessaire pour s’intégrer au mieux et réclame des actes de la part des autorités.

« Chabatz Entrar » (Finissez d’entrer en occitan) a été créé en novembre 2016, lors de la dispersion des migrants de la Jungle de Calais dans toute la France. L’idée de base était de leur offrir le meilleur accueil possible en Limousin. Ce collectif composé d’associations, de syndicats, de partis et de citoyens mutualise ses forces. Il propose des cours de français et son aide pour réaliser les démarches administratives. Aujourd’hui, l’un des principaux freins que rencontrent ses bénévoles sont le manque d’hébergements proposés aux migrants comme nous l'explique Stéphane Lajaumont, enseignant et animateur du collectif :

 

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Le collectif réclame l’ouverture de places d’hébergements supplémentaires pour les migrants mais aussi pour les personnes qui n’ont pas de toit au-dessus de leur tête, comme l’avait promis le candidat Macron lors de sa campagne présidentielle. Pour le moment, les familles de migrants vivent dans des squats avec des enfants scolarisés dans des écoles de Limoges et certaines font l’objet d’obligation de quitter le territoire :

 

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Résultat, on se retrouve avec un Etat inactif et un collectif obligé de prendre le relais. Aujourd’hui, les critères de sélection pour obtenir une carte de séjour ou la validation d’une demande d’asile sont très difficiles à atteindre. Pourtant, les migrants font tout pour s’intégrer quotidiennement sous le regard des bénévoles :

 

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La question des migrants démarre sur notre territoire. Pour Stéphane Lamaujou, « ces personnes n’ont pas quitté leur pays par plaisir, elles l’ont fuit car elles ne pouvaient pas faire autrement ». Leur pays n’était pour certains, pas en proie à la guerre, mais à la pauvreté, provoquée par des puissances développées comme l’Europe :

 

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A son échelle, le collectif pousse pour obtenir davantage de places d’hébergements. Il donne d’ailleurs un exemple concret pour évoquer cette situation. Lorsqu’une personne se retrouve à la rue, elle doit appeler le 115 pour se mettre à l’abri. Or, trop souvent, la plateforme est inaccessible pour cause d’appels surchargés, ou bien il ne reste plus de places disponibles. En ce qui concerne la question des migrants de Haute-Vienne, « Chabatz entrar » va rester vigilant sur les réponses apportées par l’administration et prévoit de mener de nouvelles actions si aucune solution n’est trouvée. Pour le moment, plusieurs dizaines de migrants occupent toujours l'ancien CRDP et attendent à tout moment d'être délogés.