En Chine, les patients consultent le clone numérique de leur médecin !

Publié : 6h00 par Alicia Méchin

Crédit image: Générée par IA

En Chine, l’intelligence artificielle franchit les portes des hôpitaux. Les patients peuvent désormais interagir avec des clones numériques de certains médecins.

Cette initiative est soutenue par l’État pour améliorer l’accès aux soins dans un pays de 1,4 milliard d’habitants. Mais cette avancée suscite aussi des interrogations sur la fiabilité et les limites de la technologie.

Comme le relaient plusieurs médias, des applications sont mises à disposition des médecins pour pouvoir répondre à leur patientèle en leur absence. Exemple avec Wang Yifan, enceinte, qui a suivi sa grossesse en consultant virtuellement Duan Tao, un gynécologue-obstétricien renommé de Shanghai, via son clone numérique. Ce double virtuel fonctionne sur l’application AQ, qui compte désormais plus de 100 millions d’utilisateurs. 

Alimenté par l’IA, il reproduit le style de communication du médecin grâce à des manuels médicaux, des études de cas et ses publications sur les réseaux sociaux, où il possède plus de 10 millions d’abonnés. Le chatbot ne peut toutefois prescrire de médicaments et ne remplace pas une consultation réelle, précise Ant Group, son développeur.

L’application ne remplace pas les médecins, mais permet de limiter les déplacements, les attentes et les risques d’infection pour le bébé. L’avatar du gynécologue, lui, a déjà conversé avec plus de 160 000 patients.

L’État chinois mise sur l’IA pour transformer le système de santé, notamment face aux disparités entre zones urbaines et rurales et au vieillissement de la population. Plus de 1 000 médecins ont déjà créé leur jumeau numérique sur AQ, tandis que des outils spécialisés comme CardioMind et PANDA aident au diagnostic de maladies cardiaques et de cancers du pancréas dans plusieurs hôpitaux. Des centaines de projets pilotes et plus de 100 dispositifs médicaux basés sur l’IA sont en cours.

Si le public chinois, habitué aux applications mobiles pour le quotidien, adopte facilement ces chatbots, leur fiabilité reste surveillée. Les experts insistent donc sur le rôle irremplaçable des médecins humains pour la décision finale et la sécurité des patients. L’IA, dans le secteur médical chinois, se veut complémentaire mais encore loin de se substituer à l’expertise humaine.