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Fin de vie en France : le cas Vincent Lambert continue de diviser

23 mai 2019 à 06h00 Par Benoît Hanrot
Crédit photo : Pixabay

Le cas Vincent Lambert n’en finit pas de diviser. Ce lundi 20 mai, les soins ont été arrêtés temporairement avant de reprendre dans la soirée, sur ordre de la cour d’appel de Paris. Une décision qui a suscité l’émotion, mais aussi de nombreuses interrogations.

Dans le cas de l’affaire Vincent Lambert, Emmanuel Macron a déclaré qu’il ne prendrait pas partie. Cela étant, le chef de l’Etat ne s’est encore pas exprimé concrètement sur le sujet de la fin de vie en France, si ce n’est pour donner son point de vue si cela devait lui arriver. Si tout le monde semble d’ailleurs avoir un avis, le sujet n’est que rarement évoqué dans les médias, excepté à l’occasion de cette affaire. Est-il tabou ? Question posée à Nicole Labarre, déléguée pour la Haute-Vienne de l’Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité :

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La France est un pays aux racines chrétiennes. Pour le catholicisme (qui représente 62% de la population française), l’euthanasie fait opposition avec le 6ème commandement « Tu ne tueras point ». Par conséquent, toute forme d’euthanasie est interdite. En revanche, l’Eglise catholique est opposée à toute forme d’acharnement thérapeutique et autorise les soins palliatifs. Le fait que notre pays conserve des racines religieuses est-il pour beaucoup dans le fait que l’on s’exprime moins sur le sujet qu’ailleurs ?

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D’après la loi Léonetti qui fixe le droit des patients en fin de vie sur le territoire français, on parle d’euthanasie active lorsque le décès est directement provoqué par le fait d’administrer une substance létale par un médecin et d’euthanasie passive lorsque la mort est provoquée par l’arrêt des soins. A ne pas confondre avec le suicide assisté où le malade reçoit un soutien médical pour mourir mais c’est lui qui déclenche le processus menant à son dernier souffle.

Le problème, c’est que cette loi ne statue pas sur les cas, comme Vincent Lambert, qui n’ont pas donné de directives anticipées, c’est-à-dire une déclaration dans laquelle est écrite les dernières volontés du patient sur les soins en fin de vie. La loi ne prévoit pas non plus un élément essentiel qui existe en Belgique, où l’euthanasie est autorisée : 

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En Suisse, le suicide assisté est autorisé. En Belgique, c’est l’euthanasie qui est autorisée. En France, les politiques ont encore du mal à se prononcer sur la question. Certains craignent notamment des dérives. Or pour Nicole Labarre, c’est l’absence de loi qui crée ces dérives :

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Pour conclure, Nicole Labarre veut insister sur la nécessité à tout âge d’écrire des directives anticipées pour éviter qu’une affaire comme celle de Vincent Lambert ne se produise de nouveau à l’avenir.