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La Maison Henry : « On travaille nos huîtres avec amour »

Par Iris MAZZACURATI
"Depuis l’âge de 4 ans, j’ai toujours été habitué à partir sur les parcs en bateau avec mon père et grand-père." Sébastien Henry. (Image d'illustration)
Crédit photo : Wikimedia commons / Jean-Pierre Bazard

A la (re)découverte de la Maison Henry, ostréiculteurs d’arrière-grand-père en petit-fils sur l’île de Ré, depuis 1904, à l’occasion du Big Tour Bpifrance qui met à l’honneur le savoir-faire entrepreneurial français.

Découverte, animations et concerts… Le Big Tour Bpifrance sera à La Rochelle le 3 août, Esplanade Eric Tabarly, l’occasion d’une rencontre avec Sébastien Henry de la Maison Henry, une institution sur l’île de Ré, membres du réseau Bpifrance Excellence. 

 

Forum : Pouvez-vous nous présenter la Maison Henry ?

Sébastien Henry : La Maison Henry est une entreprise ostréicole qui existe depuis 1904. C’est une entreprise familiale. Elle a été créée en 1904 par mon arrière-arrière-grand-père, Clovis. Je suis la cinquième génération. C’est une société 100% rhétaise, depuis mon arrière-arrière-grand-père, jusqu’à moi aujourd’hui. 

Depuis l’âge de 4 ans, j’ai toujours été habitué à partir sur les parcs en bateau ou en tracteur avec mon père et grand-père. J’ai été baigné dedans. C’est toujours un plaisir de travailler ces produits-là, d’être dans la nature, de travailler nos huîtres. C’est un produit vivant. Pour moi, les années ne se ressemblent jamais, et ça c’est vraiment très agréable.

On distribue toutes les sortes d’huîtres qui peuvent exister : la fine de l’île de Ré jusqu’ à la spéciale de l’île de Ré. On a vraiment toutes les gammes possibles. Nous, on travaille les huîtres de leur naissance jusqu’à ce qu’elles atteignent leur taille commercialisable. On s’en occupe 3 ans en tout. On a entre 600 et 800 tonnes d’huître sur nos parcs, tout autour de l’île de Ré.

 

Quelle est la particularité des huîtres de la Maison Henry ?

Ah ben déjà, on les travaille avec amour, ça leur donne un très bon goût… !  (rires) Tout simplement, on a un terroir relativement riche, ce qui nous permet d’avoir de belles huîtres. Et puis, il y a notre manière aussi de travailler. Je me suis adapté à la nouvelle génération et au climat qui change tous les ans, aussi. On s’adapte par rapport à la nature pour faire un produit authentique, subtile, avec ce bon petit goût de noisette iodée.

 

La crise sanitaire est passée par là, quels ont été ses effets sur votre production ? 

Ca nous a pénalisé. Il a fallu que nous changions notre manière de travailler, car notre produit est vivant et qu’il a continué à grandir… J’ai eu une perte de chiffre d’affaire colossale d’avril à juin. Les ponts du mois de mai où les gens venaient habituellement en vacances sur l’île de Ré ou les restaurants tout autour de chez nous, où les gens venaient depuis de nombreuses années… tout ça a été un peu plus compliqué. Maintenant, on a réussi à s’adapter et on va faire face à cette crise sanitaire. On a les reins solides pour pouvoir faire les choses correctement.

 

Mais les touristes sont au rendez-vous aujourd’hui ?

On est ravi parce que les gens viennent vraiment faire travailler les entreprises et les produits locaux. C’est surtout très gentil de leur part, parce que les gens sont là pour nous aussi. Nos clients, les habitués, sont revenus nous voir dès leurs premières vacances pour savoir comment on allait… c’est quelque chose de très humain. Et puis, avec les restaurateurs et tous les gens autour de nous, on a tous été solidaires pour trouver un bon équilibre pour tout le monde.

 

Quel marché visez-vous ? Essentiellement français, ou également international ?

L’huître rhétaise la Maison Henry peut traverser le monde entier. Avant, mon père travaillait beaucoup avec les grossistes, donc ça restait sur des produits locaux ; on n’était connu « que » sur l’île de Ré où nous sommes ancrés depuis de nombreuses années. Moi, j’ai voulu prendre une nouvelle voie pour bien valoriser notre produit et j’ai emmené la société sur la voie de l’expédition, que ce soit en grande surface, en restaurant, en poissonnerie. On est sur les marchés européens pour le moment, mais je suis en train de travailler pour développer l’international. Tout ce que je suis capable de faire, je le fais actuellement. Au fur et à mesure, je développe la société en fonction de mes capacités et de ce que nous sommes capables de faire.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur lamaisonhenry.com et le Big Tour.