Un vaccin personnalisé contre le cancer de la peau réduit le risque de récidive de 42 %
Publié : 6h00 par La rédaction
Associé à une immunothérapie, un vaccin thérapeutique à ARN messager a donné des résultats prometteurs contre le mélanome, une forme particulièrement dangereuse de cancer de la peau.
Et si un vaccin pouvait aider à empêcher un cancer de revenir ? C’est l’espoir suscité par les résultats d’un essai clinique consacré au mélanome, un cancer de la peau susceptible de se propager à d’autres organes. Le traitement testé repose sur une approche innovante : un vaccin personnalisé, associé à une immunothérapie. Contrairement aux vaccins préventifs classiques, ce traitement intervient après le diagnostic du cancer. Son objectif est de réduire le risque de récidive chez les patients dont la tumeur a été retirée par chirurgie, mais qui présentent encore un risque de voir la maladie réapparaître.
Le principe repose sur l’ARN messager. Les chercheurs analysent les mutations présentes dans la tumeur de chaque patient afin de concevoir un vaccin adapté à son profil. Celui-ci apprend au système immunitaire à reconnaître certaines caractéristiques des cellules cancéreuses pour mieux les cibler. Le vaccin est associé au pembrolizumab, une immunothérapie qui aide les défenses naturelles de l’organisme à lutter contre les cellules tumorales. Les deux traitements agissent donc de manière complémentaire : le vaccin entraîne le système immunitaire à identifier la cible, tandis que l’immunothérapie facilite sa réponse contre le cancer.
Un risque de récidive réduit de 42 %
L’essai clinique, mené auprès de plus de 1 100 patients atteints d’un mélanome à haut risque, a livré des résultats encourageants. Après deux ans de suivi, l’association du vaccin et de l’immunothérapie a réduit de 42 % le risque de récidive ou de décès par rapport à l’immunothérapie seule. Ce chiffre ne signifie pas que le traitement guérit 42 % de patients supplémentaires. Il correspond à une diminution relative du risque combiné de récidive ou de décès entre les deux groupes étudiés.
Des effets secondaires ont néanmoins été observés, notamment de la fatigue, de la fièvre et des frissons. Malgré ces résultats prometteurs, la prudence reste de mise. Un suivi plus long est nécessaire pour confirmer les bénéfices du traitement, notamment sur la survie des patients. Le vaccin personnalisé n’est pas encore autorisé à la commercialisation. D’autres études devront permettre de préciser sa place dans la prise en charge du mélanome et, à terme, d’évaluer si cette approche pourrait bénéficier à d’autres cancers.
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