Une femme aveugle retrouve la vue grâce à une greffe de rétine inédite en Italie
Publié : 6h00 par Alicia Méchin
C’est une avancée médicale qui pourrait ouvrir une nouvelle voie dans le traitement de certaines formes de cécité.
En Italie, une femme de 67 ans, aveugle depuis plusieurs années à la suite d’un grave accident de la route, a réussi à retrouver une partie de sa vision grâce à une opération expérimentale jamais réalisée auparavant. L’intervention a été menée par des chirurgiens de l’hôpital Molinette de Turin. Leur objectif : restaurer une capacité visuelle en utilisant les propres tissus de la patiente. Plutôt que de remplacer un œil entier, les médecins ont procédé à une greffe très particulière de la partie centrale de la rétine, appelée la macula, une zone essentielle pour percevoir les détails et les images précises.
Après son accident, la patiente avait subi des dommages importants à l’un de ses yeux, notamment au niveau des structures permettant de transmettre les informations visuelles jusqu’au cerveau. Malgré cette cécité, certaines parties de son système visuel restaient exploitables. Les médecins ont donc choisi de s’appuyer sur les capacités encore présentes dans son propre organisme.
Cette technique repose sur un principe innovant : le « transfert biologique ». L’idée n’est pas simplement de remplacer un organe défaillant par un autre, mais de réutiliser des cellules et des tissus du patient pour reconstruire une fonction perdue. Cela permet également de limiter les risques de rejet liés aux greffes classiques réalisées avec un donneur.
Les premiers résultats sont encourageants. Après l’opération, la patiente a pu distinguer de nouveau des formes et des images. Les médecins restent toutefois prudents : elle n’a pas retrouvé une vision normale et cette technique n’est pour l’instant qu’au stade expérimental. Cette réussite représente néanmoins un espoir important pour les personnes atteintes de certaines maladies ou blessures responsables de cécité. Jusqu’à présent, les solutions proposées reposaient principalement sur des dispositifs électroniques, comme les prothèses visuelles, ou sur des traitements visant à ralentir la dégradation de la vision.
Cette opération illustre une nouvelle approche de la médecine : plutôt que de chercher uniquement à remplacer ce qui est détruit, les chercheurs tentent désormais de réparer les fonctions perdues en exploitant les ressources propres du corps humain. Si d’autres essais confirment ces résultats, cette technique pourrait, à terme, offrir une nouvelle possibilité aux patients pour lesquels aucune solution efficace n’existe aujourd’hui.
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