En Corée du Sud, la calvitie bientôt remboursée par la Sécurité sociale ?

Publié : 6h00 par Alicia Méchin

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Et si perdre ses cheveux devenait un problème de santé pris en charge par la Sécurité sociale ?

C'est l'idée défendue par le gouvernement sud-coréen, qui souhaite faire rembourser les traitements contre la calvitie. Une mesure surprenante à première vue, mais qui répond à une réalité sociale bien particulière dans le pays.

En Corée du Sud, l'apparence physique occupe une place importante dans la vie quotidienne. Les standards de beauté sont très présents dans les médias, où l'homme idéal est souvent représenté avec une chevelure épaisse, sombre et parfaitement coiffée. Dans ce contexte, la perte de cheveux est loin d'être un simple désagrément esthétique. De nombreux hommes chauves affirment souffrir d'une véritable stigmatisation et estiment avoir moins de chances de trouver un emploi ou un conjoint.

Pour répondre à cette situation, le gouvernement souhaite reconnaître la calvitie comme une maladie à part entière. L'objectif est de modifier la loi d'ici la fin de l'année 2026 afin que les traitements contre la chute des cheveux soient remboursés par la Sécurité sociale, au même titre que les soins destinés à traiter des maladies ou des blessures plus classiques. Aujourd'hui, ces traitements restent entièrement à la charge des patients et représentent une dépense importante pour de nombreux Sud-Coréens.

Mais cette proposition est loin de faire l'unanimité. Son coût est estimé à près de 400 millions d'euros par an, une somme considérable qui suscite de vives critiques. Les opposants jugent qu'il serait préférable de consacrer cet argent au financement des soins pour les maladies graves ou au renforcement du système de santé. Pour eux, cette réforme relève davantage d'une promesse politique que d'une véritable priorité sanitaire.

Au-delà de son aspect financier, ce débat met en lumière le poids des normes sociales et de l'apparence en Corée du Sud. Il pose également une question plus large : jusqu'où la solidarité nationale doit-elle aller pour prendre en charge des problèmes qui, bien que n'étant pas toujours dangereux pour la santé, peuvent avoir des conséquences importantes sur le bien-être psychologique, la vie sociale et l'égalité des chances ?